La mousse polyurethane

La MOUSSE Polyuréthanne

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La MOUSSE Polyuréthanne

Les mousses de polyuréthane englobent en fait aussi bien les mousses de polyéther que les mousses de haute résilience (HR)
La mousse de polyuréthane est employé de plus en plus dans la restauration ou la fabrication de siège, que ce soit pour l'assise, le dossier ou encore les coussins.

C'est un matériau intéressant de par sa compressibilité.

Souvent décriée, la mousse est pourtant un matériau qui évolue plutôt bien dans le temps. C'est le cas des mousses qui se trouvent sur le marché depuis une dizaine d'années.

Pour ma part, je trouve que les mousses plus anciennes, évoluent de façon inégale.
En effet, pour avoir dégarnis quantité de siège en mousse, j'ai rarement trouvé des mousses en bon état. Soit la matière était devenue dure, comme " cuite ", soit elle était poudreuse et se désagrège complétement.

Les progrès fait ces dernières années sur les mousses, en font désormais un matériau de qualité, si tant est qu'il soit utilisé de la bonne façon et que les mousses choisies soient de bonne qualité.

Car si les différentes mousses présentent sur le marché offrent un panel important permettant d'obtenir des garnitures de sièges exactement à la souplesse ou fermeté recherchées, il faut les employer avec de bonnes connaissances techniques afin d'avoir un résultat de qualité.

Il n'est pas question de coller n'importe comment un bout de mousse sur un siège. Il existe des règles, très pointues, à respecter et c'est seulement à cette condition que le résultat sera à la hauteur.

Vous l'aurez compris, la mousse ne peut pas être utilisée dans un cadre uniquement économique.

Pour ma part, je n'utilise pas de mousse sur des sièges anciens mais uniquement sur des fauteuils de style ou contemporains.

La mousse permet d'obtenir une souplesse qui n'est pas obtenu par le crin. Il est possible de lui donner la même forme et presque la même densité mais cela prend beaucoup de temps (collage de profilés, de différentes densités de mousse l'une sur l'autre, prise de gabarits…). Les matières d'œuvres sont assez chères et pour que cela soit intéressant pour le client, je propose cette technique plutôt sur des pièces importantes comme des canapés ou des méridiennes.

Quoi qu'il en soit, le choix de la mousse ne doit jamais être un choix économique mais plutôt la recherche d'une souplesse ou d'un confort que le client ne retrouve pas dans le crin.

Pour résumer, la mousse étant un produit issu d'un mélange chimique très contrôlé, il est très rarement de " mauvaise qualité ". C'est l'utilisation qui en est faite qui rend les résultats discutables parfois.

Quand et pourquoi choisir la mousse

Le confort est une notion subjective. Certains aiment les assises très fermes quand d'autres préfèrent s'enfoncer dans un cocon moelleux. Ce n'est pas la fermeté qui définit la qualité. Une mousse très souple ne vieillira pas plus mal dans le temps.

Qu'est-ce que la mousse

La mousse est un matériau fabriqué à partir de dérivés du pétrole, les polymères, auxquels ont ajoute un catalyseur. Par exemple le polyol auquel on ajoute de l'Isocyanate.

Chaque fabricant de mousse garde jalousement sa " recette ". Certains fabricants dont plus connus du grand public comme Bultex, qui en plus rajoute un colorant rose afin que l'on puisse parfaitement l'identifier.

Le bien-être et la sensation de confort recherché se définissent par une juste proportion entre la capacité d'aération de la mousse, grâce à sa porosité, et la répartition du poids du corps sur le rembourrage.

L'aération de la mousse :
La mousse est composée de minuscules alvéoles d'air en communication les unes avec les autres qui permettent une circulation de l'air.

Mais le tissu qui recouvre la mousse est tout aussi important. Un simili non poreux, ou un coussin en simili n'ayant pas d'aération (grâce à des œillets percés sur les côtés par exemple), amoindrirait beaucoup cette aération, puisque la mousse se retrouve enfermée dans un milieu privé d'air.

Ainsi une housse de coussin mal conçue ou un revêtement non poreux sur une assise en mousse et il se créait une sorte d'aspiration sous vide lorsque l'on se lève. En s'asseyant on chasse l'air et si celui-ci ne peux pas s'échapper cela créer une bulle qui risque de faire éclater le revêtement. A l'inverse lorsque la mousse cherche de l'air pour reprendre sa forme, s'il n'y a pas d'aération prévu, le revêtement colle la mousse comme un emballage sous vide !

En dehors de l'aspect esthétique, il est aisé de comprendre qu'il n'est pas agréable de s'assoir sur une bulle ou à contrario un coussin sous vide tel un produit alimentaire ! Mais la mousse n'est pas responsable. Là encore, ce produit technique sera décrié alors que c'est une mauvaise utilisation des matériaux qui est à mettre en cause.


La répartition du poids du corps sur le rembourrage :

Lorsque l'on sait que l'assise d'un fauteuil supporte environ 75% du poids du corps, que le dossier absorbe 8%, tandis que 17% est déchargé sur le sol par l'intermédiaire des pieds, l'on comprend l'importance des différentes densités de mousse. Là encore les connaissances techniques du tapissier entrent en jeu. Il est capital de comprendre que la sensation " d'accueil " de la mousse et son maintien ne peuvent pas être les même dans le dos et sous les fesses ! Il faut en plus tenir compte du poids de la personne qui va utiliser le siège.

Mais comment la mousse peut-elle répondre aux exigences de densités ?

Abordons sa fabrication :

Si chaque fabricant conserve jalousement la recette de sa fabrication de mousse, nous pouvons comparer cette recette à celle  d'un gâteau.

Comme pour un gateau, ces sont les différents composants de la recette et leur quantité qui font sa réussite :
Le mélange des polymères, du catalyseur et de l'eau, sont d'abord émulsionnés et étendus en une épaisse couche sur un tapis roulant.
 mousse polyurethane fabrication 1

Cette couche liquide comme une pâte à gâteau commence immédiatement à lever.

L'eau contenue dans cette pate s'évapore par la réaction chimique du dioxyde de carbone qui produit une forte chaleur. La vapeur d'eau dégagée accélère le processus de gonflement de la pâte qui devient de plus en plus spongieuse.

Ainsi nous pouvons comparer les polymères à de la farine, le catalyseur et l'eau à de la levure.

Il existe des mousses POLYESTER et des mousses POLYURETHANNE.

La recette de fabrication est presque la même ; c'est le dosage des ingrédients qui va déterminer les car astérisques souhaitées telles que la densité, l'élasticité et la résistance.

Ainsi, la mousse polyester à une structure alvéolaire très fine et donc une circulation de l'air moindre, alors que la mousse polyuréthanne à des alvéoles plus large et donc permet une meilleure circulation de l'air.

Les différences entre les différentes mousses :

Si chaque fabricant utilise une recette propre, comment comparer les différentes mousses ?

Il faut retenir 3 mesures techniques importantes :
la densité, la portance et la résilience.


LA DENSITE

Cette mesure est exprimée en kg/m3.

C'est le poids d'un bloc de mousse de 1m3.

Par exemple une mousse de 40 kg veut dire qu'elle est issue d'un bloc de mousse d'un m3 qui pèse 40 kg.
Densité = quantité de matière

Evidemment plus la densité est grande, plus il y a de matière et donc plus le prix est élevé.
Mais la densité est pour le coup un gage de qualité car plus il y a de matière, plus il y a de chance que la mousse soit pérenne.

18 Kg/m³
D'une densité assez molle, ces mousses sont utilisées généralement pour des sur-matelas ou capitonnage, etc...

 mousse polyurethane 24
24 Kg/m³
Ces mousses ont une densité mi-ferme. Elles sont utilisées principalement pour la confection de matelas pour enfants, pour des pupitres en mousse ou encore pour des galettes de chaises...

mousse polyurethane 28

28 Kg/m³
Ces mousses sont plutôt fermes. On les trouve généralement dans la confection de coussins en mousse pour caravanes, les assises de bateaux, dans les mobil-homes ou encore les clic-clacs etc...


LA PORTANCE

Cette mesure est exprimée en kPa (kilo Pascal)

Elle donne la mesure de la compression.

Pour l'obtenir, on calcule le poids nécessaire pour comprimer la mousse à 40% de sa hauteur initiale.
Plus le poids nécessaire est important plus la mousse est portante.
C'est cette portance qui détermine la dureté de la mousse. Mais pas seulement. La densité à son importance car à densité donnée il existe différentes portances possibles, mais il y a également un plafond.

Par exemple, une mousse de 35kg par exemple peut avoir plusieurs portances différentes allant de 2.5 kpa à 4 kpa.

LA RESILIENCE

C'est une mesure d'élasticité.

mousse polyurethane fauteuil

Elle est obtenue en lançant une bille d'acier calibrée sur le bloc de mousse depuis une hauteur déterminée.
L'on mesure la hauteur du rebond de la bille. Puis l'on établit un pourcentage par rapport à la hauteur de projection.
Plus le pourcentage est élevé plus la mousse est résiliente. Cela correspond  à la capacité de la mousse à reprendre sa forme initiale.
Les mousses " haute résilience " ou " HR " reprennent particulièrement bien leur forme et renvoie donc très bien la pression exercée par le poids.

 
HR 35 Kg/m³
Il s'agit ici de mousses HR (mousses de haute résilience). Elles trouvent leur utilisation dans les canapés, les fauteuils, les coussins préformés.

HR 40 Kg/m³
Ces mousses sont très fermes et légèrement souple. Leur principale utilisation est l'assise de fauteuils préformés. On les utilise par exemple dans les mobil-homes.


Vous aurez compris que ces 3 mesures sont capitales aux choix d'une mousse pour un siège. Mais la hauteur de la mousse rentre aussi en ligne de compte. Plus la hauteur est importante plus la sensation de dureté se fait sentir pour les même caractéristique. Par exemple, si l'on prend un bloc de mousse de 40 kg de 10cm et qu'on le coupe en deux, 5cm en 40kg semblera plus mous que 10cm de la même mousse, c'est assez logique.

C'est là qu'intervient les connaissances techniques du tapissier.

Lorsqu'un tapissier connait parfaitement les différentes mesures tel que la densité et la résilience , il est à même de les utiliser afin de proposer un mix de différentes mousses pour créer une assise personnalisée, fiable et confortable.

Ainsi, pas question de poser directement un boc de mousse de 40kg (très ferme) sur une assise. L'accueil, c'est-à-dire la sensation à l'assise, sera très dure. Il est bon de mixer les différentes mousses afin d'obtenir un mariage heureux entre accueil moelleux et soutient ferme.
Ainsi pour une assise de 10 cm il est possible de faire une âme (première partie collée sur les sangles pas exemple, tout au fond) en 40kg de 4cm, puis rajouter une mousse de 35kg de 4 cm pour finir par une mousse en 2cm de 30kg.

L'utilisation des profilés de mousse (longue pièce de mousse très dense vendu par 2m que l'on pose au bord des sièges et sur lequel l'on vient coller la mousse) est aussi un gage de qualité. Cela permet d'obtenir une forme très proche de la garniture crin et permet également à la mousse une meilleure longévité.

Idem pour le dossier, pas question de poser une mousse en 40kg, bien trop dur. Mais il faut tout de même un certain soutient.

C'est au tapissier de déterminer avec son client quel confort celui-ci désire, en fonction de son poids, de la taille du siège…

En conclusion, j'espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre les différences techniques des mousses et leur différentes utilisations. Vous aurez compris j'espère que la mousse est un produit technique qui permet une infinité de possibilités et surtout d'obtenir une qualité très fine et très proche du désir du client.

Longtemps décriée, la mousse est un matériau de qualité, encore faut-il savoir l'utiliser à bon escient. Les matériaux étant couteux, la mousse n'est pas une technique à utiliser pour économiser de l'argent, mais plutôt pour rechercher un confort ou un soutien particulier qui ne peut pas être obtenu avec du crin.

Personnellement, je n'utilise pas de mousse sur des sièges d'époque car pour moi c'est une gageure. Mais l'emploi de la mousse sur des sièges de styles est très intéressant, surtout pour des assises importantes comme des canapés ou des méridiennes ou le confort est recherché.